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Total Recall | Arnold Schwarzenegger

Total Recall | Arnold Schwarzenegger

Mon défi consistait à me débarrasser de ces points faibles. Travailler sur les choses pour lesquelles on est doué est très humain. Quand on a de gros biceps, on a envie de répéter un nombre infini de curls parce que c'est très satisfaisant de voir ce gros muscle fléchir. Pour réussir, toutefois, il faut se faire violence et se concentrer sur ses défauts. C'est ici que vos yeux, votre honnêteté et votre capacité à écouter autrui interviennent. Les culturistes incapables de se voir et d'écouter ce que disent les autres resteront sur la touche. [...]

Je notais toujours mes objectifs, comme j'avais appris à le faire au club de sport à Graz. Je ne pouvais me contenter de me dire que ma résolution pour la nouvelle année était de perdre dix kilos, de parler mieux l'anglais et de lire davantage. Non, ce n'était qu'un point de départ. Il fallait que je sois beaucoup plus précis afin que toutes ces bonnes intentions ne restent pas lettre morte. J'avais des fiches où je notais mes projets :

  • Valider douze cours supplémentaires à la fac
  • Économiser 5 000 dollars
  • M'entraîner cinq heures par jour
  • Prendre plus de trois kilos de masse musculaire
  • Acheter un appartement et m'y installer

On peut avoir l'impression que je me bridais en me fixant autant d'objectifs spécifiques, mais en fait c'était l'inverse : je trouvais cela libérateur. Le fait de me fixer un cap me laissait le loisir d'improviser en chemin. Prenons par exemple les douze cours qui me manquaient. Peu importait l'université où je m'inscrirais, je trouverais une solution. Je regarderais où étaient dispensés les cours, leur prix et s'ils étaient compatibles avec mon emploi du temps et les contraintes de mon visa. Pour l'heure, nul besoin de s'inquiéter de ces détails, parce que je savais d'ores et déjà que j'obtiendrais ces matières. [...]

Arnold, me suis-je dit, tu passes ton temps à t'occuper de ton corps mais tu ne t'occupes jamais de ton esprit. Comment pourrais tu l'améliorer et le protéger du stress ? Lorsqu'on a des crampes, il faut pratiquer les étirements, se plonger dans un jacuzzi, s'appliquer des sacs de glace ou encore prendre plus de sels minéraux. Pourquoi l'esprit ne pourrait-il pas avoir des problèmes analogues ? Il est surchargé ou fatigué ? Il s'ennuie ? Il est sur le point d'exploser ? Voyons quels outils peuvent servir à y remédier.

J'ai appris un mantra et on m'a montré comment utiliser une séance de méditation de vingt minutes pour m'isoler et ne pas penser. J'ai appris à isoler mon esprit de manière à ne pas sentir le temps passer ni entendre les gens autour de moi. Si vous pouvez faire cela ne serait-ce que quelques secondes, l'effet sera déjà positif. Plus vous parviendrez à prolonger ce moment, mieux ce sera. [...]

J'avais appris grâce au culturisme que tout n'est qu'entraînement, patience et longueur de temps. Plus on skie mieux on skie. Plus on bouge, plus le corps se bonifie. Je crois au travail acharné : recommencer les choses inlassablement, ne s'arrêter que quand tout est au point. Le défi me convenait parfaitement. [...]

Les règles d'Arnold

J'ai toujours voulu être une source d'inspiration pour les gens, mais je n'ai jamais pensé servir de modèle en tout. D'ailleurs, ma vie est traversée de tant de contradictions et de courants opposés que j'aurais bien du mal à y prétendre. Je suis un Européen devenu dirigeant politique américain ; un républicain qui aime les démocrates ; un homme d'affaires qui gagne sa vie en jouant les action heroes, un type ultra-performant qui n'a pas toujours montré la discipline qu'il fallait, un spécialiste de la forme physique qui adore les cigares, un écologiste dingue de son Hummer, un amoureux de la rigolade à l'enthousiasme de gosse surtout connu pour zigouiller les gens. Comment savoir ce qu'il y a là-dedans à imiter ?

Ça n'empêche pas les gens d'estimer qu'il faut que je sois malgré tout irréprochable. Quand je fais du vélo sans casque à Santa Monica, il y a toujours quelqu'un pour râler : « C'est ça l'exemple que tu donnes ? » Mais je ne suis pas censé servir d'exemple !

L'objection que l'on fait généralement à mes cigares, c'est que j'ai mené pendant des dizaines d'années une croisade pour la forme physique. Mais un jour, à Sacramento, un journaliste m'a dit : "Nous avons fait un gros plan sur la bague de votre cigare. On a pu lire Cohiba. C'est un cigare cubain. Vous êtes gouverneur. Comment pouvez-vous ainsi bafouer les lois ?
—Je le fume parce que c'est un super cigare", ai-je répondu.

C'est pareil avec la violence dans mes films. Je tue des gens parce que, contrairement à ceux qui me critiquent, je ne crois pas que la violence à l'écran engendre la violence dans les rues ou les foyers. Sans quoi le meurtre n'aurait pas existé avant l'invention du cinéma, or la Bible en est remplie.

Je veux pouvoir servir d'exemple, évidemment. Je veux vous communiquer l'envie de faire de l'exercice, de garder la ligne, de ne pas manger de cochonneries, de vous fabriquer une vision et d'utiliser votre volonté pour la réaliser. Je veux que vous balanciez votre miroir, comme l'a dit Sarge, que vous vous engagiez dans le service public et que vous rendiez ce que vous avez reçu. Je veux que vous protégiez l'environnement au lieu de le détruire. Dans tous ces domaines, je suis heureux de brandir le flambeau et de servir de modèle à d'autres parce que j'ai toujours disposé moi-même de grands modèles — Reg Park, Mohamed Ali, Sarge Shriver, Milton Berle, Nelson Mandela et Milton Friedman. Mais je n'ai jamais eu l'intention de m'afficher en modèle dans tout ce que je fais.

Parfois, j'aime bien aussi dépasser les bornes, et choquer les gens. Mon tempérament rebelle est en partie ce qui m'a poussé à quitter l'Autriche. Je ne voulais pas faire comme les autres. Je me considérais comme un type à part, unique, pas le Hans ou le Franz de base.

L'excès est un moteur de réussite. Le culturisme n'était pas un sport, loin de là, quand je suis devenu Monsieur Olympia. Il fal lait trouver le moyen d'attirer l'attention des médias. Alors j'ai raconté aux journalistes que faire gonfler ses muscles est plus agréable qu'avoir un orgasme. C'était une déclaration absurde, mais elle a fait son petit effet. En entendant ça, les gens se sont dit : Si l'exercice physique, c'est mieux que le sexe, je vais tenter le coup !

Je ne suis pas du genre qu'on coule dans un moule. Quand j'étais gouverneur et que les gens disaient : « Les gouverneurs doivent faire comme ça », « Un républicain ne fait pas ça » ou « On ne fume pas au Capitole, c'est politiquement incorrect », j'y voyais une invitation à faire le contraire. Si tu fais comme tout le monde, on t'accusera de te comporter comme un politicien. On a trouvé une façon très particulière de faire fonctionner le bureau du gouverneur. Dans ma façon de m'habiller, de m'exprimer, j'ai toujours cherché un truc bien à moi. On m'a élu pour régler des problèmes et apporter une vision de notre Etat, oui, mais aussi pour que les choses changent d'aspect. Les gens voulaient à la fois un gouverneur et un Gouvernator. Evidemment, jouer la différence, c'était dans mes cordes. Je n'avais pas le corps de tout le monde, je ne conduisais pas la voiture de tout le monde.

Je n'ai pas cherché à analyser tout ça. Je suis sûr qu'un psy y trouverait de quoi se régaler. En tout cas Sigmund Freud, mon compatriote autrichien, se serait fait une joie d'évoquer mes cigares — lui aussi fumait des barreaux de chaise. Mais la vie est plus riche quand on accepte les multiples facettes que nous possédons tous, même si ce n'est pas forcément cohérent et que nos actes n'ont pas toujours beaucoup de sens, même à nos yeux.

Quand je m'adresse à des étudiants, je commence toujours par leur donner un aperçu rapide de mon parcours puis je m'efforce de leur dire des choses qui pourront leur servir : ayez une vision, ayez confiance en vous, contournez les règles s'il le faut, ignorez les défaitistes, n'ayez pas peur de l'échec. Vous trouverez dans les anecdotes qui composent l'aide-mémoire qui suit certains des principes de réussite qui ont fonctionné pour moi :

  • Transformez vos handicaps en avantages. Quand j'ai essayé d'obtenir des premiers rôles au cinéma, les imprésarios que j'ai consultés m'ont dit de laisser tomber — mon corps, mon nom, mon accent étaient trop particuliers. J'ai choisi de ne pas les écouter et de travailler mon accent et mon jeu d'acteur comme j'avais travaillé mon corps, pour devenir une tête d'affiche. Avec Conan et Terminator, j'ai réussi à percer : tout ce que les agents m'avaient décrit comme des handicaps a soudain fait de moi un action hero. Ou, pour citer John Milius, le réalisateur de Conan le Barbare : « Si on n'avait pas Schwarzenegger, il faudrait l'inventer. 

  • Quand on vous dit non, entendez oui. « Impossible » est un mot que je me suis fait un plaisir d'ignorer quand j'étais gouverneur. On me disait qu'il serait impossible de persuader les Californiens de construire 1 million de toits solaires, de réformer le système de santé ou d'entreprendre quelque action décisive que ce soit contre le réchauffement climatique. Si défis m'ont attiré, c'est précisément parce que tout le monde s'y était cassé le nez jusque-là. La seule façon de rendre possible l'impossible, c'est de s'y attaquer. En cas d'échec, quelle importance, puisqu'on vous l'avait prédit ? Mais en cas de réussite, vous aurez fait avancer le monde.

  • Ne suivez jamais la foule. Allez là où il n'y a personne. Comme on dit à L.A., évitez les grands axes à l'heure de pointe, prenez les petites rues. Evitez le cinéma le samedi soir, choisissez la matinée. Si vous savez qu'il sera impossible d'avoir une table au restaurant à 21 heures, qu'est-ce qui vous retient de dîner plus tôt ? Le bon sens nous pousse couramment à observer ce genre de principe, mais on n'y pense jamais quand il s'agit de sa carrière. Voyant que tous les immigrants autour de moi mettaient de l'argent de côté pour se payer une maison, j'ai choisi d'acheter un immeuble. Voyant que tous les acteurs en herbe se démenaient pour obtenir des petits bouts de rôle dans des films, j'ai visé les premiers rôles. Voyant que tous les politiciens débutent leur carrière par des fonctions locales, j'ai brigué directement le poste de gouverneur. On sort plus facilement du lot quand on vise le sommet.

Quelle que soit votre occupation dans la vie, il faut savoir se vendre. Ce n'était pas assez pour moi d'atteindre mon objectif de devenir Monsieur Olympia. Il fallait que je fasse connaître à tout le monde l'existence du concours de l'homme le plus musclé du monde. Il fallait que je communique ce qu'apporte l'entraînement, au-delà d'un corps musclé — que l'exercice physique est bon pour la santé et qu'il rend la vie meilleure. C'était une affaire de vente. On peut être un grand poète, un grand écrivain, un génie des laboratoires. On peut être le meilleur dans son boulot, mais si personne ne le sait, à quoi ça sert ? C'est pareil en politique : peu importe qu'on s'occupe d'environnement, d'éducation Ou de croissance économique, l'essentiel est de le faire savoir.

A chaque fois que je rencontre un grand personnage — et je ne laisse jamais passer une occasion de le faire —, j'essaie de découvrir comment il est arrivé là, quel angle d'attaque a fonctionné pour lui. Je sais que mille chemins mènent à la réussite et j'adore déduire de nouvelles règles de mon expérience et de la leur. Voici donc les dix principes que je souhaite transmettre :

1. Ne jamais laisser la fierté faire obstacle.

J'ai participé à beaucoup de talk-shows avec Mohamed Ali. Je l'ai toujours admiré parce que c'était un champion, qu'il avait beaucoup de caractère et qu'il se montrait invariablement généreux et attentionné envers les autres. Si tous les athlètes étaient comme lui, le monde se porterait mieux. Chaque fois qu'on se retrouvait dans les loges, on échangeait des plaisanteries. Un jour, il m'a mis au défi de le plaquer contre un mur. Je crois que quelqu'un dans le monde de la boxe avait dû lui conseiller de se mettre à lever des poids, comme George Foreman, parce que la réputation d'Ali reposait surtout sur sa rapidité et son sens de la psychologie. A sa devise « Vole comme le papillon et pique comme l'abeille », il envisageait à présent d'ajouter « Sois fort comme le taureau », alors il voulait voir quelle était la force réelle d'un culturiste. Comme j'ai réussi à le plaquer contre le mur, il a dit : « Dis donc, ça a l'air de marcher, ce truc de lever des poids ! Cool. C'est vraiment cool. »

A notre rencontre suivante, il était avec quelques copains à lui, et il a dit : « Regardez un peu ça, les gars. Hé, Arnold, essaie de me pousser. » J'ai pensé : Ça doit être un piège. Personne n'aime se faire bousculer devant ses amis. J'ai donc poussé Ali et je l'ai de nouveau collé au mur. Il s'est écrié : « Je vous l'avais dit, les gars, je vous l'avais dit ! Ce mec est vraiment costaud. Cette histoire d'haltères, c'est vraiment efficace. »

Il se fichait pas mal de se faire secouer devant les autres. Il avait juste voulu montrer à ses amis que la musculation était utile. Que ça renforce les jambes et les hanches, et que ça peut servir dans la boxe.

2. Ne pas trop réfléchir.

Si on passe son temps à réfléchir, l'esprit ne se détend jamais. Ce qu'il faut, c'est laisser flotter librement le corps et l'esprit. Ensuite, au moment de prendre une décision ou de s'attaquer à un problème, on est prêt, on dispose de toute son énergie. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire fonctionner son cerveau, mais une partie de nous demande à avancer dans la vie de façon instinctive. En s'abstenant de toujours tout analyser, on se débarrasse de ce qui nous encombre et nous ralentit. Savoir mettre son esprit en veille est un art. C'est une forme de méditation. La connaissance est extrêmement importante pour prendre des décisions, mais pas forcément dans le sens qu'on croit. Plus on possède de connaissances, plus on est libre de se fier à son instinct. Pas la peine de prendre le temps de s'informer sur le sujet concerné. Pourtant, le plus souvent, les gens qui s'enlisent sont ceux qui possèdent le savoir. Plus on en sait, plus on hésite, et c'est pourquoi il arrive même aux plus malins d'être complètement à côté de la plaque. Un boxeur apporte sur le ring une immense accumulation de savoir — il sait quand il faut esquiver, frapper, contrer, reculer, bloquer. Mais s'il fallait qu'il réfléchisse à tout ça au moment où le coup arrive, il ne tiendrait pas longtemps. Il doit exploiter tout ce qu'il sait en un dixième de seconde. Quand on doute de son mode de décision, on ralentit.

L'excès de réflexion est ce qui rend les gens insomniaques : leur esprit galope et ils n'arrivent pas à le mettre en veille. L'excès d'analyse est handicapant. En 1980, quand Al Ehringer et moi avons décidé de développer tout un pâté de maisons au bout de Main Street, à Santa Monica, les investisseurs avec lesquels nous étions en concurrence pour l'acquisition du lot se sont laissé freiner par 'l'excès de réflexion. Nous avions fait notre travail de recherche nous aussi, et bien compris que certaines incertitudes menaçaient de limiter la possibilité de plus value. Le terrain était soumis à un ancien droit de passage du tramway et il n'était pas à vendre, on ne pouvait obtenir qu'un bail de longue durée. Les terres voisines avaient été polluées par des déchets chimiques — fallait-il supposer que celle-là l'était aussi ? Le terrain se situait à cheval sur Santa Monica et Venice, alors on ne savait pas trop quel régime fiscal et quels règlements s'y appliquaient. Devant ces difficultés, on n'a pas hésité, mais nos rivaux, si, et bientôt ils ne voyaient plus que des clignotants rouges partout. Alors quand on a augmenté notre offre, ils se sont retirés, et on a gagné. Après deux ans, on a pu transformer le bail de location en contrat de vente, et notre pari est devenu rentable ; 3100 Main Street deviendrait un investissement phénoménal. Pour ce qui est des films, beaucoup d'accords se concluent sous pression, et il suffit de s'arrêter un instant pour perdre. Pour Jumeaux, il y avait une date limite : Universal voulait savoir si Danny, Ivan et moi étions bien partants. Nos agents n'avaient pas le temps d'en discuter entre eux, alors Danny, Ivan et moi avons conclu l'accord au déjeuner, sur une serviette en papier. On a signé tous les trois, et on s'est levés de table. Depuis, Danny a fait encadrer cette serviette.

3. Il n'y a pas de plan B.

Pour vraiment se mettre à l'épreuve et progresser, il faut agir sans filet de sécurité. Début 2004, les sondages pour les initiatives populaires qu'on venait d'annoncer (on demandait le feu vert des électeurs pour pouvoir renégocier une dette de 15 milliards de dollars) étaient exécrables. Nos spécialistes du budget s'arrachaient les cheveux. « Et si les initiatives échouent ? Il nous faut un plan B. »

Je répondais : « Pourquoi ce défaitisme ? S'il n'y a pas de plan B, il devient indispensable que le plan A fonctionne. On vient tout juste d'annoncer les initiatives. Il y a encore beaucoup de choses à faire pour se rapprocher de l'objectif. »

Si vous êtes anxieux à propos d'un projet, au lieu de préparer des plans de rechange, pensez à ce qui arrivera de pire en cas d'échec. Est-ce que ce serait si grave que ça ? Très vite, vous verrez qu'en vérité, ça ne l'est pas. Si vous n'arrivez pas à vous faire élire gouverneur, vous le vivrez peut-être comme une humiliation, mais c'est le pire qui peut vous arriver. Pensez à tous les candidats à la présidentielle qui échouent. Le public sait que ça fait partie du système. Je me suis dit que si je n'étais pas élu, je pourrais continuer à gagner beaucoup d'argent au cinéma. Je serais devenu un homme libre, qui aime bien manger, conduire sa moto et passe le plus de temps possible avec sa famille. J'ai tout fait pour que ça marche — j'ai réuni la meilleure équipe possible, levé les fonds, mis en place une excellente campagne. Si ça n'avait pas marché, je me serais simplement dit : « Eh bien tant pis. » En 2005, quand j'ai vraiment connu la défaite sur toutes mes initiatives populaires, ça ne m'a pas tué. La vie ne s'est pas arrêtée là et j'ai conduit une mission commerciale fantastique en Chine. Et un an plus tard, j'étais réélu.

Mon critère de ce qu'est une existence misérable, je l'ai établi dans les années 1960 quand j'ai visité les mines de diamant d'Afrique du Sud. Elles se trouvaient à environ 400 mètres sous terre, il y régnait une température de 45 degrés, les travailleurs étaient payés 1 dollar par jour et n'avaient le droit de rentrer auprès de leur famille qu'une fois par an. Ça, c'est une situation de merde. Tant que vous n'en êtes pas là, on peut dire que ça va.

4. L'humour déjanté peut servir à régler ses comptes.

En 2009, l'ancien maire de San Francisco, mon ami Willie Brown, qui est aussi l'homme à être resté le plus longtemps au poste de président de l'Assemblée de Californie, a organisé un dîner de collecte de fonds pour le Parti démocrate californien à l'hôtel Fairmont de San Francisco — et on a décidé ensemble que ce serait amusant si je pointais le bout de mon nez.

Je me suis donc présenté sur le podium alors que personne ne s'y attendait et j'ai pris Willie dans mes bras pour lui donner un gros bisou devant tout le monde, ce qui a scandalisé la moitié des démocrates dans la salle et fait rigoler l'autre. C'est alors qu'un jeune élu de San Francisco nommé Tom Ammiano s'est levé pour m'alpaguer. Il a crié : « Parle à mon cul de pédé, ma tête est malade ! » La scène a été rapportée dans la presse. Ammiano, outre ses activités politiques, était un comique professionnel. Je n'ai rien dit. Très drôle, ha ha ha. Mais j'ai pensé : « Tôt ou tard, en signant des projets de loi, je tomberai bien sur une proposition venant de lui. »

Et ça n'a pas raté. Quelques semaines plus tard, j'ai reçu un texte qui portait sa signature. Il s'agissait d'une mesure sans grand enjeu concernant le front de mer de San Francisco, mais elle avait pour lui beaucoup d'importance. J'ai demandé à mon équipe de lui mitonner un joli message de veto.

Personne n'a remarqué le message caché dans la première lettre de chaque ligne, alors on a lâché un indice à quelques journalistes : « Etes-vous bien sûrs d'avoir lu le message de veto du gouverneur dans le bon sens ? Vous feriez peut-être bien de le lire verticalement. » Tout le monde a alors remarqué le truc, et ça a beaucoup fait jaser.

Les journalistes ont demandé à mon attaché de presse si le « fuck you » (« va te faire foutre ») se trouvait là intentionnellement, et il a répondu : « Non, pas du tout. C'est un pur hasard. » Mais lors de ma conférence de presse suivante, un journaliste a levé la main et a dit : « Nous avons présenté votre texte à un mathématicien. Il a dit qu'il y avait moins d'une chance sur 2 milliards que ce soit dû au hasard. »

J'ai répondu : « OK. Vous devriez demander à votre expert quelles sont les chances qu'un paysan autrichien débarque aux Etats-Unis et devienne le plus grand champion de culturisme de tous les temps, qu'il fasse du cinéma, épouse une Kennedy et devienne gouverneur du plus grand Etat du pays, Revenez me voir à la prochaine conférence de presse pour me dire ce qu'il vous a répondu. »

Les journalistes ont ri. Et on a pu lire ensuite la réaction de Tom Ammiano : « Je me suis conduit comme un con, alors il a le droit de me rendre la pareille. » Ça a dédramatisé tout l'épisode. (Un an plus tard, en apposant ma signature à un autre projet qu'il soutenait, j'ai rédigé un communiqué où l'on pouvait lire verticalement « Y-o-u-r-e W-e-l-c-o-m-e » (« Y a pas de quoi »).

5. Il y a vingt-quatre heures dans une journée.

A la fin d'une petite conférence que j'ai donnée à l'Université de Californie, un étudiant a levé la main pour se plaindre :

« Gouverneur, depuis que la crise budgétaire nous a frappés, mes frais de scolarité ont doublé. Ils sont trop élevés maintenant. Il me faut plus d'aide financière.

—Je comprends, c'est difficile, ai-je répondu. Mais qu'entends tu par "trop élevés" ?
—Je veux dire que maintenant, je suis obligé de travailler à temps partiel.
— Et quel mal y a-t-il à ça ?
— Mais il faut bien que j'étudie ! »

Alors j'ai dit : « Voyons, faisons le calcul. Tu as combien d'heures de cours ?
—J'ai deux heures un jour, et trois heures un autre.
— Et combien de temps tu passes à étudier en dehors des cours ?
— Euh, trois heures par jour.
— OK, alors jusqu'ici, si je ne me trompe pas, ça fait six heures un jour, sept heures l'autre, en comptant les transports. Qu'est-ce que tu fais du reste de ton temps ?
— Que voulez-vous dire ?
— Chaque jour contient vingt-quatre heures. T'es-tu jamais demandé si tu pouvais travailler plus ? Ou même prendre plus de cours ? Au lieu de passer ta vie à ne rien faire ? »

La classe a été choquée de m'entendre dire ça. « Je ne passe pas ma vie à ne rien faire ! » a protesté l'étudiant. « Si, absolument. Tu me parles de six heures par jour. S'il y en a vingt-quatre, alors il t'en reste dix-huit. Il te faut peut-être six heures de sommeil. Alors si ton temps partiel te prend quatre heures, tu as encore le temps de draguer les filles, de danser, de prendre un verre et de sortir. De quoi te plains-tu ? »

J'ai expliqué qu'à l'époque de mes études, chaque jour, je m'entraînais cinq heures, je prenais quatre heures de cours d'art dramatique, je passais plusieurs heures à travailler sur les chantiers, j'allais à la fac et je faisais mes devoirs. Et je n'étais pas le seul dans ce cas. Certains dans ma classe, au Santa Monica College ou à UCLA, avaient en plus un travail à temps plein. Je comprends qu'on ait envie qu'un autre paie l'addition à sa place. Et le gouvernement doit répondre présent pour assurer l'éducation de ceux qui sont vraiment dans le besoin. « Mais quand le gouvernement ne perçoit pas assez de recettes à cause du marasme économique, tout le monde doit faire des sacrifices et mettre la main à la poche, »

6. Répéter, répéter, répéter.

Le visiteur qui entrait dans le gymnase de l'Union athlétique de Graz, où je soulevais des haltères quand j'étais gamin, pouvait voir à gauche un long mur de contreplaqué couvert de marques à la craie. C'est là que chacun inscrivait chaque jour son programme d'entraînement. Chacun disposait de son petit bout de mur pour inscrire sa liste avant de se déshabiller :

SOULEVÉ DE TERRE 5 SÉRIES DE 6 ÉPAULÉ-JETÉ 6 SÉRIES DE 4 A 6 ////// DÉVELOPPÉ DES ÉPAULES 5 SÉRIES DE 15 DÉVELOPPÉ-COUCHÉ 5 SÉRIES DE 10 ÉCARTÉ-COUCHÉ 5 SÉRIES DE 10

Et ça continuait comme ça jusqu'à un total d'environ soixante séries. Même si on ne savait pas à l'avance quelle serait notre force ce jour-là, on inscrivait aussi le poids. On ajoutait au bout de chaque ligne une rangée de barres obliques, une pour chaque série prévue. Si on avait prévu cinq séries de développé-couché, on mettait cinq barres. Puis, aussitôt finie la première série, on revenait au mur pour rayer la première barre, de façon à en faire une croix. L'exercice n'était pas terminé tant qu'on n'avait pas transformé les cinq barres en croix.

Cette méthode a eu un effet énorme sur ma motivation. Ça m'offrait un témoin visuel permanent qui me permettait de me dire : « Ça, c'est bon. J'ai fait ce que j'ai dit. Passons à la série suivante, puis à la suivante. » Le fait de coucher mes objectifs par écrit est entré dans mes habitudes, et ça m'a aidé à comprendre qu'il n'y avait pas de raccourci. Il m'a fallu des centaines, sinon des milliers de répétitions pour arriver à prendre la pose trois quarts dos, dire une réplique comique, danser le tango dans True Lies, peindre une jolie carte d'anniversaire ou trouver le ton juste pour dire « I'll be back ». 

Qu'il s'agisse de flexions du biceps dans un gymnase glacé ou de s'adresser aux dirigeants de la planète, il n'y a pas de raccourci : tout repose sur le fait de répéter, répéter, répéter.

Quelle que soit l'activité qu'on pratique dans la vie, elle demande soit des répétitions, soit des kilomètres au compteur. Si vous voulez devenir un bon skieur, il va falloir passer votre temps sur les pistes. Si vous jouez aux échecs, il va falloir disputer des dizaines de milliers de parties. Sur un plateau de cinéma, la seule façon de ne pas se ramasser, c'est d'avoir bien répété. Si vous l'avez fait, pas de souci, vous serez détendu au moment où les caméras se mettront à tourner. Récemment, pour The Tomb, on a tourné à La Nouvelle Orléans une scène d'émeute dans une prison avec soixante-quinze personnes. La chorégraphie était tellement complexe, avec des dizaines de bagarres à coups de poing ou au corps à corps et des gardiens de prison qui matraquaient à tour de bras, qu'il a fallu passer la moitié de la journée rien qu'à répéter. Au moment de la prise, tout le monde était fatigué, mais en même temps très motivé. La scène a été parfaite. Les gestes nous étaient devenus naturels et on a vraiment eu l'impression d'un combat.

7. Ne rien reprocher à ses parents.

Ils ont fait de leur mieux, et s'ils vous ont laissé des problèmes à résoudre, ce sont à présent les vôtres. Vos parents vous ont peut-être trop soutenu, trop couvé, et vous vous sentez aujourd'hui vulnérable — ne le leur reprochez pas. Ou alors, inversement, ils ont été trop durs.

Quand j'étais petit, j'aimais mon père et je voulais lui ressembler. J'admirais son uniforme, son pistolet et le fait qu'il soit policier. Plus tard, j'ai détesté la pression qu'il mettait sur mon frère et moi. « Vous devez donner l'exemple dans le village parce que vous êtes les fils de l'inspecteur », disait-il. Il fallait qu'on soit des enfants parfaits, ce qu'évidemment nous n'étions pas.

Il était exigeant, c'était dans sa nature. Il lui arrivait de se montrer brutal, mais je ne crois pas que c'était de sa faute. C'était à cause de la guerre. Si on avait eu une vie plus normale, il n'aurait pas été comme ça.

Alors je me suis souvent demandé : Et s'il avait été plus chaleureux, plus gentil ? Est-ce que j'aurais quitté l'Autriche ? Probablement pas. Et c'est bien la plus grande de mes peurs !

Si je suis devenu Arnold, c'est à cause de ce qu'il m'a fait. J'ai compris que je pouvais canaliser mon éducation de façon positive au lieu de me plaindre. Je pouvais l'utiliser pour avoir une vision, me fixer des objectifs, trouver la joie. C'est sa dureté qui m'a fait quitter la maison. Elle m'a envoyé en Amérique et poussé à travailler pour réussir, et j'en suis bien content. Je ne ressens pas le besoin de me lamenter sur mes blessures.

Il y a une scène vers la fin de Conan le Barbare qui a toujours résonné en moi. Ce ne sont pas des propos tenus par Conan, mais par Thulsa Doom, le sorcier qui oblige le jeune Conan à regarder son père se faire dévorer par les chiens et qui assassine sa mère sous ses yeux. Alors que Conan est sur le point de le tuer pour venger ses parents, Thulsa Doom lui dit : « Qui est ton père si ce n'est moi ? Qui t'a donné la volonté de vivre ? Je suis la source dont tu coules. »

Il n'est donc pas toujours évident de savoir de quoi on doit être reconnaissant. Il faut parfois savoir apprécier les individus et les circonstances qui vous ont traumatisé. Aujourd'hui, je loue la dureté de mon père, et l'ensemble de mon éducation, et le fait que je n'ai pas eu tout ce que je voulais en Autriche, parce que ce sont précisément ces facteurs qui m'ont donné faim. Chaque fois qu'il m'a frappé. Chaque fois qu'il a dit que c'était une connerie de m'entraîner avec les poids, que je devrais plutôt faire quelque chose d'utile et aller couper du bois. Chaque fois qu'il m'a désapprouvé ou humilié, ça a jeté de l'huile sur le feu que j'avais au ventre. Ça a été mon moteur, ma motivation.

8. Il faut en avoir une bonne paire pour changer.

Au cours d'une mission commerciale à Moscou, pendant ma dernière année en tant que gouverneur, j'ai pris le temps de rendre visite à Mikhaïl Gorbatchev. Nous avions noué des liens d'amitié au fil des ans, et j'avais prononcé quelques mois plus tôt un hommage lors de son quatre-vingtième anniversaire à Londres. Irina, sa fille, a préparé le repas auquel assistaient aussi quelques amis de l'Institut Gorbatchev. Nous sommes restés à table pendant au moins deux heures et demie.

J'ai toujours admiré Gorbatchev pour le courage qu'il a eu de démanteler le système politique au sein duquel il avait grandi. Oui, l'URSS connaissait de graves soucis financiers, et oui, Reagan l'avait acculée à coups de dépenses. Mais Gorbatchev avait eu les couilles de choisir le changement plutôt que d'opprimer encore un peu plus son peuple ou d'aller chercher querelle à l'Occident. J'ai toujours pensé qu'il avait un courage incroyable, et je lui ai demandé comment il avait fait. Comment avait-il pu transformer le système après avoir été conditionné depuis l'enfance à voir dans le communisme la solution à tout et après avoir gravi tous les échelons du Parti, qui exigeait qu'on fasse étalage de sa ferveur à chaque instant ? D'où lui était venue cette ouverture d'esprit ? « J'ai passé toute ma vie à essayer de perfectionner notre système, m'a-t-il répondu. J'étais impatient d'arriver au sommet parce que je me disais que je pourrais alors régler les problèmes que seul le dirigeant suprême peut régler. Mais quand je suis parvenu au sommet, j'ai compris que ce qu'il nous fallait, c'était un changement révolutionnaire. Le seul moyen de faire quoi que ce soit, c'était de tirer parti de ses relations ou de verser un pot-de-vin à quelqu'un. Vous parlez d'un système ! Il était temps de tout démanteler. » Il faudra peut-être cinquante ans pour qu'on prenne vraiment la mesure de son exploit. Les experts continueront peut-être à se disputer autour de la façon dont il aurait fallu procéder. Je ne rentrerai pas dans ce débat ; je trouve tout simplement génial qu'il l'ait fait. Je suis impressionné par le courage qu'il lui a fallu pour ne pas rechercher la gratification immédiate mais la meilleure orientation à long terme pour son pays.

Pour moi, Gorbatchev est un héros comparable à Nelson Mandela, qui a surmonté la colère et le désespoir de vingt-sept ans de prison. Quand ils ont eu le pouvoir d'ébranler le monde, l'un comme l'autre ont choisi de bâtir plutôt que de détruire.

9. Prendre soin de son corps et de son esprit.

L'un des premiers conseils qui m'aient marqué a été celui de Fredi Gerstl à propos de Platon. « Les Grecs ont créé les jeux Olympiques, mais ils nous ont aussi donné les grands philosophes, disait-il. Il faut bâtir la meilleure des machines physiques, mais aussi le meilleur des esprits. » M'occuper de mon corps ne me posait aucun problème, mais plus tard, je me suis vraiment intéressé au développement de mon esprit. J'ai compris que l'esprit est un muscle, et qu'il faut aussi le faire travailler. J'étais donc bien décidé à mettre mon à l'exercice et à devenir intelligent. Je suis devenu une éponge et j'ai absorbé tout ce qu'il y avait autour de moi. Le monde est devenu mon université, j'ai développé un réel besoin d'apprendre, de lire et de tout emmagasiner.

Pour ceux qui réussissent sur le plan intellectuel, c'est l'inverse qui est vrai. Ils doivent faire de l'exercice physique tous les jours. Clint Eastwood fait du sport même quand il dirige ou joue dans un film. Dimitri Medvedev consacrait un nombre d'heures infini à son travail quand il dirigeait la Russie, mais ça ne l'empêchait pas d'avoir une salle de gym chez lui et de faire deux heures d'exercice chaque jour. Si les chefs d'Etat trouvent le temps de faire ça, c'est que vous aussi vous le pouvez.

Beaucoup d'années après l'avoir entendue de la bouche de Fredi Gerstl, j'ai entendu la même idée d'équilibre exprimée par le pape. Lors d'une visite au Vatican avec Maria et ses parents en 1983, nous avons eu une audience privée avec Jean-Paul II. Sarge a évoqué des sujets spirituels, parce que c'était son domaine. Eunice a demandé au Saint-Père ce que devaient faire les enfants pour devenir meilleurs, et il a répondu : « Prier, simplement prier. »

Moi, je lui ai posé des questions sur sa forme physique. Juste avant de venir, j'avais lu quelque chose dans un magazine sur ses qualités d'athlète et sa bonne condition physique. Pour lui, religion mise à part, la vie consistait à prendre soin de son esprit et de son corps. Et c'est ça dont nous avons parlé. Il avait la réputation de se lever à 5 heures du matin, de lire la presse en six langues et de faire 200 pompes et 300 abdos avant le petit déjeuner et sa journée de travail. C'était aussi un skieur, sport qu'il a continué à pratiquer une fois devenu pape.

Et à soixante ans passés, il avait vingt-sept ans de plus que moi. Je me suis dit : « Si ce type en est capable, il faut que je me lève encore plus tôt ! »

10. Garde ta faim.

Il faut avoir faim de réussir, faim de laisser une trace, faim d'être vu et entendu et d'avoir une influence. Et à mesure que vous grimpez et que vous réussissez, faites en sorte d'avoir toujours faim d'aider les autres.

Ne vous reposez jamais sur vos lauriers. Trop d'anciens athlètes consacrent leur vie à raconter leur grandeur passée. Un type comme Ted Turner est passé de la gestion de l'entreprise de panneaux publicitaires de son père à la création de CNN, puis à l'organisation des Goodwill Games, à l'élevage de bisons et la distribution de viande de bison tout en obtenant quarante-sept diplômes honoris causa. Voilà ce que j'appelle garder la faim. Bono a démarré comme musicien, puis il a acheté la musique des autres, puis il s'est lancé dans la lutte contre le sida et la création d'emplois. Anthony Quinn ne se contentait pas d'être une star du cinéma. Il voulait en faire plus. C'est devenu un peintre dont les toiles se sont vendues à des centaines de milliers de dollars. Donald Trump a multiplié par dix l'héritage qu'il avait reçu, et il a eu sa propre émission de télé. Sarge a parcouru le monde jusqu'à sa mort, toujours affamé de nouveaux projets.

Beaucoup de gens talentueux ressassent le passé. Ils aimeraient être restés au niveau où ils étaient. Il y a bien plus de choses à faire dans la vie que de rester le meilleur dans un domaine précis. La réussite nous apprend tellement de choses, pourquoi ne pas s'en servir, utiliser ses contacts pour en faire encore plus ?

Mon père me disait toujours : « Rends-toi utile. Fais quelque chose. » Il avait raison. Si vous avez un talent ou un savoir-faire qui vous rendent heureux, servez-vous-en pour améliorer la vie de votre quartier. Et si vous avez envie d'en faire plus, larguez les amarres. Vous aurez tout le temps de vous reposer quand vous serez dans la tombe. Menez une existence remplie de risque, de piment et, comme le disait Eleanor Roosevelt, "Faites chaque jour quelque chose qui vous effraie." Que chacun garde sa faim !

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